PASSEPORT - Bühnen Bern
Passeport
Alexis Michalik
Issa a perdu la mémoire: il se retrouve en France sans savoir pourquoi ni comment. Avec son passeport comme seule référence, il va vivre toutes sortes de péripéties pour tenter de retrouver son identité et se faire une place dans un pays et une société qu’il ne connaît pas! Parsemée d’embûches et de mésaventures, sa route va croiser celle d’autres êtres très divers, qui vont jouer un rôle prépondérant. Au fil de ces rencontres, il va découvrir, et nous faire découvrir, tout un monde … jusqu’au dénouement inattendu!
Un conte «docu-fiction»?
C’est une sorte d’odyssée des temps modernes que Michalik raconte à travers le destin d’Issa. Une odyssée en forme de fresque qui dépeint des gens, des lieux, des événements qu’on croit connaître, mais qui vont se révéler autrement qu’à travers des comptes-rendus socio-psycho-politico-médiatiques.
On est embarqué dans une fiction qui, au-delà de l’imagination créative, réunit toutes sortes d’approches entre réalisme, idées reçues et fake-news, car Michalik s’est beaucoup documenté pour écrire cette saga. Cette histoire qui raconte des réalités plurielles est une fiction qui nous plonge dans divers vécus, dans des expériences d’êtres humains, comme un conte révélateur qui informe et émeut en même temps.
«Ce n’est pas un théâtre militant, précise Alexis Michalik. En fait, l’idée est venue d’une histoire humaine, une histoire romanesque qui s’adresse à tous et puis, étant donné le sujet, il a bien fallu que je me renseigne pour ne pas dire trop de bêtises ! Je ne vois pas mon théâtre comme militant. Pour moi, la clé, la porte d’entrée de toute histoire, c’est l’empathie, c’est ainsi qu’on peut provoquer des émotions dans le public. Je veux que les spectateurs puissent se dire que le théâtre peut être haletant et qu’ils ne sachent pas où cela va les emmener.»
Un parcours étonnant
Qualifié à de nombreuses reprises d’enfant prodige du Théâtre français, neuf fois «moliérisé» comme auteur et/ou comme metteur en scène, Alexis Michalik, au fil du temps, n’est plus une révélation mais est devenu un auteur dramatique incontournable, poursuivant un «parcours sans fautes» et cumulant les succès et les milliers de spectateurs.
Après Le Porteur d’histoire (une sorte de chasse au trésor littéraire autour d’Alexandre Dumas), Le Cercle des Illusionnistes (magie théâtrale et cinéma fantastique autour de Robert Houdin et Georges Méliès), Edmond (les mésaventures de la création de Cyrano de Bergerac), Intra Muros (le théâtre en prison) et Une Histoire d’amour (un conte dramatico-romantique sur l’amour sous toutes ses formes), Michalik revient avec un sujet et une histoire d’un tout autre genre mais, avec toutes les autres pièces, elle a en commun le sens de la vie, la mémoire et la construction d’un être.
La patte Michalik
Alexis Michalik aime les intrigues complexes et imbriquées les unes aux autres. Il a l’art de brouiller les pistes, d’entrelacer des histoires parallèles car, dit-il, «l’histoire est toujours au coeur de mes récits, la petite et la grande entremêlées.» Dans des constructions qui peuvent parfois rappeler le style de certaines séries télévisées, il ménage des rebondissements dans un rythme incessant – un rythme qui imprègne également des décors modulables sans cesse en évolution : « Je n’ai qu’une obsession, avoue-t-il: tout faire pour éviter l’ennui. » Il enchaîne les situations, mêle sensibilité et humour, crée personnages pittoresques et émouvants et, avec une énergie très personnelle, il travaille dans un esprit de troupe, en connivence avec des comédiens peu connus.